Lexique de l'Iaïdo

Comprendre les mots pour mieux comprendre la pratique

L'Iaïdo possède un vocabulaire japonais riche qui permet de désigner les différentes actions, positions et attitudes qui composent la pratique.

Connaître ces termes permet de mieux comprendre les consignes données pendant les cours, mais également de mettre des mots sur des notions parfois difficiles à expliquer.

Ce lexique présente les principaux termes utilisés dans notre pratique de l'Iaïdo, avec une explication simple et adaptée à l'enseignement du Seitei Iaidō.

La discipline et le pratiquant

Iaidō — 居合道

La Voie du dégainage et de l'union avec l'action.

Iaï — 居合

Terme désignant l'art de dégainer et d'agir avec le sabre dans une situation donnée.

Iaidōka — 居合道家

Pratiquant de l'Iaidō.

Sensei — 先生

L'enseignant, celui qui transmet son expérience et guide les pratiquants.

Dōjō — 道場

Le lieu où l'on pratique la Voie.

Le sabre et son équipement

Katana — 刀

Le sabre japonais traditionnel.

Iaitō — 居合刀

Sabre non tranchant utilisé notamment pour la pratique de l'Iaidō.

Saya — 鞘

Le fourreau du sabre.

Tsuka — 柄

La poignée du sabre.

Tsuba — 鍔

La garde située entre la lame et la poignée.

Sageo — 下緒

La cordelette fixée au fourreau.

Keikogi / Iaïdōgi — 稽古着

La tenue d'entraînement portée pour la pratique de l'Iaïdo. Dans le langage courant, on parle souvent simplement de gi ou de veste d'Iaïdo.

Uwagi — 上着

La veste, partie supérieure de la tenue.

Juban / Shitagi — 襦袢 / 下着

La sous-veste portée sous le keikogi. Elle peut notamment améliorer le confort et absorber la transpiration. Les deux appellations sont rencontrées dans le vocabulaire de l'Iaïdo.

Obi — 帯

La ceinture, généralement assez large en Iaïdo, qui permet notamment de maintenir correctement la tenue et le sabre.

Hakama — 袴

Le vêtement plissé porté par-dessus le keikogi et l'obi. Il comporte traditionnellement sept plis, cinq à l'avant et deux à l'arrière.

Koshi-ita — 腰板

La partie rigide située à l'arrière du hakama, au niveau des lombaires.

Les principales actions

Nukitsuke — 抜き付け

L'action de dégainer le sabre et de porter la première coupe.

Kiritsuke — 切り付け

L'action de porter la coupe principale.

Chiburi — 血振り

Le geste effectué après la coupe, traditionnellement associé au fait de retirer symboliquement le sang de la lame.

Nōtō — 納刀

Le rengainage du sabre.

Ces quatre termes sont particulièrement importants car ils correspondent aux grandes actions que l'on retrouve dans l'enchaînement du kata.

Shōmen / Makkō-giri — 正面 / 真っ向斬り

Coupe verticale descendante, réalisée de haut en bas, dans l'axe central.

Yoko-giri / Suihei-giri — 横斬り / 水平斬り

Coupe horizontale, réalisée parallèlement au sol.

Yoko-giri et suihei-giri sont tous deux utilisés pour désigner une coupe horizontale, avec des usages qui peuvent varier selon les écoles et les traditions.

Kesa-giri — 袈裟斬り

Coupe diagonale descendante, généralement exécutée en diagonale depuis la région de l'épaule vers le côté opposé du corps.

C'est la coupe que l'on retrouve notamment dans le cinquième kata du Seitei Iaidō : Kesa-giri.

Kiriage — 切り上げ

Coupe diagonale ascendante, réalisée de bas en haut.

Le terme kiriage désigne de manière générale une coupe montante.

Tsuki — 突き

Estoc / piqué avec la pointe du sabre.

L'action consiste à diriger le kissaki (切先) — la pointe du sabre — vers la cible afin de la toucher par un mouvement de poussée.

Les positions et déplacements

Kamae — 構え

La position ou attitude préparatoire du corps et du sabre.

Seiza — 正座

Position assise à genoux, les fesses reposant sur les talons.

Tate-hiza — 立膝

Position assise avec un genou relevé, utilisée notamment dans certains kata.

Ayumi-ashi — 歩み足

Déplacement en avançant naturellement les pieds alternativement.

Hiraki-ashi — 開き足

Déplacement avec ouverture du corps et des pieds.

Okuri-ashi — 送り足

Le pied avant se déplace dans la direction souhaitée, puis le pied arrière vient reprendre sa place en conservant l'écartement entre les pieds.

C'est un déplacement très utilisé dans les arts martiaux japonais et il apparaît également dans les déplacements du Seitei Iaidō. Le manuel ZNKR de Seitei Iai mentionne notamment l'utilisation d'un natural Okuri Ashi dans certains déplacements.

Tsugi-ashi — 次ぎ足 / 継ぎ足

Ici, la mécanique est différente : le pied arrière vient d'abord rejoindre le pied avant, puis le pied avant repart.

C'est souvent décrit comme un « pas chassé » ou un déplacement où le pied arrière chasse le pied avant.

Yori-ashi — 寄り足

Déplacement par poussée du pied arrière.

Le pied avant se déplace dans la direction souhaitée tandis que la poussée de la jambe arrière accompagne et propulse le corps. Le déplacement se fait en conservant la stabilité, la posture et la continuité du mouvement.

Ce déplacement est notamment rencontré dans la pratique du Seitei Iaidō, notamment dans les déplacements effectués à partir de la position en seiza et dans certains kata debout.

Les notions techniques de l'Iaïdo

刃筋 — HASUJI

La ligne de coupe

Le Hasuji désigne l'orientation correcte du tranchant de la lame pendant la coupe.

Il ne suffit pas de déplacer le sabre dans la bonne direction : le tranchant doit rester correctement orienté tout au long du mouvement.

Le Hasuji dépend de la coordination des mains, des poignets, des bras et du corps.

Une bonne trajectoire avec un mauvais tranchant n'est pas une bonne coupe.


攻め — SEME

L'engagement

Seme désigne l'action d'exercer une pression physique et mentale sur l'adversaire, notamment par l'attitude, le regard, la posture, la présence et l'intention.

En Iaïdo, même lorsque l'adversaire est imaginaire, le pratiquant doit donner au kata une véritable intention.

Il ne s'agit pas de faire les mouvements dans le vide, mais de se comporter comme si une situation réelle était présente.

Le Seme participe ainsi à la crédibilité et à l'efficacité de la pratique.

L'adversaire n'est pas visible, mais l'intention doit l'être.


冴え — SAE

La netteté de l'action

Sae désigne la netteté, la précision et le contrôle qui donnent de la qualité à une technique.

Une coupe ne doit pas simplement être rapide ou puissante. Elle doit être réalisée avec une bonne coordination du corps et du sabre, puis correctement contrôlée.

Le Sae apparaît lorsque le mouvement devient précis, propre et maîtrisé, sans gestes parasites ni mouvements inutiles.

C'est une qualité qui se développe avec la répétition et l'expérience.

La puissance impressionne ; la maîtrise donne de la qualité au mouvement.


決め — KIME

La détermination

Kime exprime la détermination et la décision avec lesquelles une action est menée jusqu'à son terme.

En Iaïdo, il ne s'agit pas simplement d'exécuter une technique correctement : le pratiquant doit donner à son action une véritable intention.

Une coupe hésitante ou réalisée sans conviction perd une partie de son sens.

Le Kime se manifeste dans la décision, la concentration et la capacité à engager pleinement son action sans hésitation inutile.

Une action décidée est une action engagée.


中心 — CHŪSHIN

Le centre

Chūshin signifie le centre.

En Iaïdo, cette notion concerne notamment le maintien de son propre axe et la relation avec l'adversaire.

Le pratiquant doit conserver une posture stable et équilibrée tout en maintenant la maîtrise de son centre.

Le centre permet de coordonner les mouvements du corps et du sabre sans perdre son équilibre.

Il joue également un rôle dans la relation avec l'adversaire : conserver son centre tout en contrôlant celui de la situation.

Rester centré pour pouvoir agir avec justesse.


間合い — MA-AI

La distance et le moment juste

Nous avons déjà développé Ma-ai sur notre page des principes du Budō, mais il mérite également sa place dans le lexique Iaïdo.

Ma-ai désigne la relation entre la distance, le temps et le moment de l'action.

Il ne s'agit donc pas uniquement de mesurer une distance physique.

Le pratiquant doit être capable de percevoir quand agir, où agir et avec quelle distance.

En Iaïdo, cette notion est particulièrement importante puisque chaque kata représente une situation avec un ou plusieurs adversaires.

La bonne distance n'est rien sans le bon moment.


残心 — ZANSHIN

L'esprit qui demeure

Zanshin désigne l'état de vigilance et de disponibilité qui demeure après l'action.

Une fois la coupe réalisée, le pratiquant ne considère pas que tout est terminé.

Il conserve son attention, sa posture, son regard et sa disponibilité face à l'adversaire.

Le Zanshin montre que le pratiquant reste présent jusqu'à la fin véritable de la situation.

C'est pourquoi le kata ne s'arrête pas simplement lorsque la technique est terminée.

La technique se termine ; la vigilance demeure.


気 — KI

L'énergie et l'intention

Nous avons déjà abordé Ki dans notre page sur les principes du Budō, mais cette notion trouve également une application très concrète en Iaïdo.

Ki peut être compris comme l'énergie, l'esprit, l'attention et l'intention que le pratiquant met dans son action.

Il ne s'agit pas nécessairement d'une force mystérieuse : dans la pratique, on peut notamment l'observer à travers la concentration, la respiration, la présence et l'engagement.

Le mouvement est visible ; l'intention qui le porte ne l'est pas toujours.

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