2026 : le 1er Dan d’Iaïdo

2025–2026 — La préparation au 1er Dan

C'est en 2025 que je commence véritablement à envisager le passage du 1er Dan d'Iaïdo. À partir de cette période, ma préparation devient plus structurée et les échanges avec Sōke Adolphe Schneider se renforcent.

Je lui adresse régulièrement des vidéos de ma pratique, afin qu'il puisse observer mon travail et me signaler les derniers défauts à corriger en vue de l'examen.

Je continue à m'entraîner le samedi matin avec les pratiquants du Dojo, mais il m'arrive de rester après le cours afin de pouvoir travailler seul, sans autre préoccupation que les douze katas du Seitei Iaïdo et le Reishiki. Certains lundis, j'arrive également plus tôt au Dojo, avant le cours des enfants et adolescents, pour consacrer ce temps à mon propre entraînement.

Parmi les difficultés les plus importantes, je dois notamment corriger les angles de coupe ainsi que le Chiburi, sur lequel mon mouvement allait parfois trop loin. Ces détails demandent de nombreuses répétitions pour parvenir à un geste plus précis et mieux maîtrisé.

Le Reishiki me demande également une attention particulière. Plus je le travaille, plus je découvre à quel point ce salut est minutieux et précis. Chaque déplacement, chaque position et chaque geste ont leur importance. Je découvre ainsi que même un élément qui peut sembler simple au premier regard demande en réalité une grande maîtrise.

À l'approche de l'examen, lorsque Sōke Schneider m'annonce qu'il souhaite me présenter devant la commission des grades, composée de deux personnes pour l'Iaïdo, j'intensifie légèrement mon entraînement au cours des dernières semaines.

Je répète alors plusieurs fois de suite les douze katas, en portant une attention particulière à mes déplacements. Je m'efforce notamment de revenir exactement à mon point de départ à la fin de chaque kata. Ce détail est important : il montre la maîtrise de ses déplacements et la capacité à conserver ses repères tout au long de l'exécution.

Cette préparation m'a également fait comprendre qu'un premier Dan ne signifie pas que l'on maîtrise définitivement les douze katas. Au contraire, certains éléments du Reishiki, notamment, resteront encore à approfondir pour la suite de mon parcours. Ils feront notamment partie du travail à poursuivre en vue du 2e Dan, que je pourrai présenter en 2028 ou 2029.

2025–2026 — Le travail des 12 katas

La préparation du 1er Dan m'a amené à travailler régulièrement les 12 katas du Seitei Iaïdo, que j'ai toujours pratiqués les uns à la suite des autres, plutôt que d'approfondir un seul kata à la fois.

Parmi eux, Sōgiri est celui qui me demande le plus de travail. C'est le kata le plus long, avec de nombreuses coupes exécutées selon des angles différents et plusieurs déplacements. À l'inverse, les quatre premiers katas, pratiqués en seiza, ainsi que Tsuka-ate, en tate-hiza, comportent relativement peu de déplacements et m'ont paru plus accessibles.

J'apprécie particulièrement Shiho-giri et Soete-tsuki, qui proposent des travaux différents et complémentaires autour des déplacements, des coupes et du piqué.

Certains déplacements ont cependant nécessité des corrections, notamment dans Sanpō-giri et Shiho-giri, où je ne déplaçais pas toujours le bon pied au bon moment. Ce sont des détails qui peuvent sembler minimes, mais qui prennent toute leur importance lorsqu'on recherche la précision nécessaire à un passage de grade.

Le Reishiki occupe également une place importante dans mon travail. Sa complexité m'a surpris : j'ai régulièrement repris les vidéos afin de vérifier un détail ou de répondre à une question qui me venait pendant ma pratique. Plus je le travaille, plus je découvre la précision de chacun de ses gestes et de ses déplacements.

Je pratique par ailleurs avec un katana aiguisé depuis environ un mois après mes débuts en Iaïdo. Cette pratique m'a rapidement fait prendre conscience que les coupes ne sont pas de simples mouvements à reproduire. Il faut tenir compte de la réaction du sabre après chaque coupe, de son contrôle et notamment du Chiburi, qui demande de savoir maîtriser le mouvement et d'« égoutter » correctement la lame avant de la rengainer.

En découvrant progressivement les douze katas, j'ai réalisé que l'Iaïdo était beaucoup plus complexe et minutieux que je ne l'avais imaginé. Chaque déplacement, chaque position, chaque angle de coupe et chaque détail du Chiburi doivent être maîtrisés. Un simple défaut peut suffire à faire perdre les points nécessaires à l'obtention d'un grade.

Et pourtant, cette précision ne doit pas être confondue avec une simple reproduction mécanique. Les katas constituent un travail codifié qui permet d'apprendre et de perfectionner les mouvements, mais ils ne reproduisent pas nécessairement les réactions imprévisibles d'un véritable adversaire. C'est justement ce qui m'intéresse : comprendre la précision de la forme tout en gardant à l'esprit qu'elle est issue d'une pratique martiale réelle.

Je n'ai donc pas cherché, pour ce premier Dan, à maîtriser définitivement chacun des douze katas. J'ai surtout cherché à construire une base solide et précise. L'approfondissement individuel de chaque kata viendra avec la suite de ma progression et de ma compréhension de l'Iaïdo.

2025–2026 — Les corrections techniques

Au cours de ma préparation, les vidéos envoyées régulièrement à Sōke Adolphe Schneider deviennent un véritable outil de travail. Elles me permettent de soumettre ma pratique à un regard extérieur et de bénéficier de corrections précises malgré l'absence de professeur présent au Dojo.

Les remarques portent souvent sur des détails que je ne pouvais pas toujours percevoir seul : un angle de coupe, un déplacement de pied, l'amplitude d'un mouvement ou encore la manière d'exécuter le Chiburi.

Ces échanges m'ont notamment permis de corriger certains défauts dans Sanpō-giri et Shiho-giri, où mes déplacements n'étaient pas toujours réalisés avec le bon pied. Le Chiburi a également demandé un travail particulier, car j'avais tendance à aller trop loin dans le mouvement.

Le regard extérieur de Sōke Schneider m'a ainsi permis de comprendre que, dans l'Iaïdo, la précision ne se situe pas uniquement dans la coupe elle-même : elle se retrouve dans l'enchaînement de tous les éléments qui composent le kata, du déplacement jusqu'au retour à la position finale.

Ces corrections successives m'ont permis d'affiner progressivement ma pratique et de supprimer les derniers défauts avant de me présenter à l'examen.

Elles illustrent également une particularité de mon apprentissage de l'Iaïdo : pendant plusieurs années, j'ai dû apprendre à observer moi-même ma pratique, puis à utiliser les vidéos et les corrections de Sōke Schneider pour confronter mon analyse à un regard expérimenté.

Ce travail à distance n'a évidemment pas remplacé la correction directe d'un professeur, mais il m'a permis de progresser et de rester dans une véritable démarche de transmission malgré l'absence d'enseignant permanent.

Mai 2026 — Le passage du 1er Dan d'Iaïdo

Les grades importants, et notamment les passages de ceinture noire, sont organisés lors du stage international de la FIAMT, qui se déroule chaque année durant le week-end de la Pentecôte à Mirepoix, près de Carcassonne, où réside Sōke Adolphe Schneider.

Pour préparer l'examen, nous travaillons durant trois cours consacrés au Seitei Iaïdo, sous le regard de Sōke Schneider et de Yoël Gusti, membre de la commission des grades.

Dès le deuxième cours, la pression commence à monter. Nous pratiquons alors sur des tapis de gymnastique particulièrement souples, alors que j'ai l'habitude de travailler sur des tatamis ou sur un sol dur. Cette différence me déstabilise : mon équilibre est perturbé, ce qui influence directement mes déplacements et mes mouvements. Je suis en effet particulièrement sensible aux sensations de contact et aux changements de support.

À la fin de cette première journée du samedi, je suis assez pessimiste sur ma prestation. J'ai découvert une multitude de détails que je n'avais pas perçus dans les vidéos : notamment la manière d'effectuer le Noto, certains déplacements et la position du katana dans le Zanshin.

Après avoir échangé avec Yoël Gusti, celui-ci me rassure et m'encourage à ne pas paniquer : je dois présenter les katas tels que je les connais et les ai travaillés. Les nombreux détails découverts durant le stage pourront être approfondis pour le 2e Dan et les grades suivants.

Le dimanche matin, un dernier cours avec Sōke Schneider me permet de reprendre confiance. Nous travaillons cette fois sur le sol du gymnase, plus proche des conditions auxquelles je suis habitué. Je retrouve plus facilement mes repères et mes déplacements deviennent plus stables. Sōke corrige encore quelques défauts afin que nous soyons prêts pour l'examen.

L'examen a lieu le dimanche après-midi 25 mai 2026. Nous sommes cinq candidats. Je passe parmi les premiers. Le stress est bien présent : je n'ai plus passé de grade depuis 2009, et à l'époque mes passages se faisaient auprès de Pascal Stoupy, mon professeur de longue date. Il connaissait ma pratique et je connaissais ses exigences.

Cette fois, la situation est différente. Je n'ai vu Sōke Schneider que deux fois auparavant, et je me retrouve devant un enseignant de 90 ans, issu d'une génération où l'entraînement pouvait être particulièrement exigeant et direct. Cette pression m'a pourtant fait du bien. Elle m'a rappelé les sensations de mes débuts dans le Budo, lorsque j'étais moi-même élève, avec cette nécessité de pratiquer, d'écouter et d'accepter d'être corrigé.

Après toutes ces années consacrées principalement à l'enseignement, je me rends compte à quel point la place d'élève me manquait. On n'est jamais parfait et l'on a toujours besoin d'un regard extérieur. Cette sensation est d'autant plus forte dans le Goshindō, dont la palette technique est extrêmement vaste, mais je la retrouve également dans l'Iaïdo, où chaque détail du geste peut être approfondi.

Je présente finalement mes douze katas avec les quatre autres candidats et j'obtiens mon 1er Dan d'Iaïdo, comme eux.

Le résultat ne signifie évidemment pas que tout est parfait. La commission m'indique notamment un déplacement à corriger dans Sōgiri, ainsi que la nécessité de supprimer une habitude liée à ma respiration : j'ai tendance à souffler fortement lors de mes coupes, comme on peut naturellement le faire dans certains katas de Karaté. En Iaïdo, le travail demande au contraire de rester silencieux et maîtrisé.

D'autres petits détails restent également à améliorer, mais ils ne remettent pas en cause l'obtention du grade.

Le Reishiki n'est pas exigé pour le 1er Dan dans le cadre de la FIAMT. Il fera partie des exigences du 2e Dan, que je pourrai préparer dans environ trois ans. Cela me laisse donc le temps de continuer à approfondir cet aspect particulièrement minutieux de la pratique.

À l'issue de l'examen, la commission nous remet officiellement notre diplôme de 1er Dan. Le stage se termine alors et chacun reprend le chemin de son domicile.

Pour ma part, je décide de rester une journée supplémentaire, le lundi de Pentecôte, afin de profiter de cette occasion pour visiter Carcassonne.

Ce stage restera pour moi un moment mémorable, indépendamment du résultat que j'aurais pu obtenir. J'y ai découvert une quantité impressionnante de détails à corriger et je reste encore étonné par la minutie du maniement du katana.

Et finalement, obtenir ce premier Dan me confirme quelque chose d'essentiel : la ceinture noire n'est pas l'aboutissement du travail, mais le début d'une nouvelle étape. Il me reste maintenant à approfondir ce que j'ai appris, à corriger mes défauts et à poursuivre ma progression dans cette nouvelle voie.

Le 1er Dan ne vient donc pas conclure mon parcours en Iaïdo. Il ouvre une nouvelle étape, celle de l'approfondissement et de la progression.

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