GOSHINDŌ— 護身道

La voie de la protection du corps

Qu'est-ce que le Goshindō ?

Le Goshindō est un art martial japonais traditionnel consacré à la protection du corps et au développement de la maîtrise de soi.

Sa pratique repose sur l'apprentissage de techniques de défense, mais également sur la recherche de la précision, du contrôle, de l'adaptation et de la maîtrise du mouvement.

Le pratiquant apprend progressivement à utiliser son déplacement, son équilibre, sa distance et son placement pour répondre aux différentes situations. Les techniques étudiées comprennent notamment les esquives, les frappes, les contrôles, les clés, les immobilisations et les projections.

Mais le Goshindō ne se résume pas à l'apprentissage de techniques. La pratique permet également de développer la concentration, la confiance en soi, la maîtrise de ses réactions et le respect du partenaire.

Au Bushidō Ryū, le Goshindō constitue le cœur historique de notre enseignement. Depuis la création du Dojo en 2000, sa pratique et sa transmission accompagnent l'histoire de notre association.

Le Goshindō : une histoire profondément liée aux Ardennes

Le Goshindō s'est développé en France à partir du travail d'Alain Sailly, qui, après avoir étudié différentes disciplines martiales japonaises, a progressivement construit et développé sa propre approche à partir de la fin des années 1970.

Alain Sailly est originaire de Carignan, dans les Ardennes, une région qui occupera une place importante dans le développement et la transmission du Goshindō.

Parmi les premiers pratiquants à suivre cet enseignement figure notamment Pascal Stoupy, qui débute la pratique à Carignan en 1976 auprès de Maître R. Maroteaux et de Kyoshi Alain Sailly. Il obtient son 1er Dan de Goshindō en 1981 et commence alors à enseigner à son tour

Les années 1980 sont particulièrement riches pour le développement du Goshindō. Stages, rencontres, compétitions et échanges avec des pratiquants français et étrangers contribuent à faire connaître et progresser la discipline. Le parcours de Pascal Stoupy témoigne de cette période particulièrement active, avec de nombreux événements et stages en France et à l'étranger.

Cette histoire explique en partie pourquoi le Goshindō a pris une place particulière dans les Ardennes, où plusieurs enseignants ont ensuite contribué à sa transmission et à son développement.

Le Goshindō et le Jū-Jutsu

Le Goshindō s'inscrit dans la continuité des arts martiaux japonais et possède un lien étroit avec le Jū-Jutsu (柔術).

Au fil de son développement, le Goshindō a intégré et développé de nombreux principes et techniques issus de la tradition du Jū-Jutsu, tout en construisant une approche propre à son fondateur et à son évolution en France.

Pour mieux comprendre cette filiation, il est intéressant de s'arrêter sur le terme Jū-Jutsu, son écriture et sa prononciation.

Que savez-vous réellement des termes « Ju Jutsu » ou « Jiu Jitsu » ?

Nous remercions le Dōshu (gardien de la voie) de la FIAMT, Sensei Alain STOLL, Hanshi Taikiken France pour ces lignes passionnantes !

Il est important d'aborder le sujet de la prononciation et de l’écriture du terme de « Jiu Jitsu » en langue occidentale.

Un constat, le terme qui est généralement utilisé dans le milieu du Judō pour définir l’origine de la discipline n’est pas correct.

En effet, par définition et selon la signification des Kanji (漢字 - idéogramme chinois utilisé dans la langue japonaise) les termes de Ju Jitsu/Jiu Jitsu et Ju Jutsu (柔術) ne sont pas identiques et n’ont aucun rapport entre eux.

Quelle est l’origine de cette confusion ?

Celle-ci remonte à la fin du XIXème siècle, dû aux premiers échanges qui eurent lieu entre l’Occident et le Japon dans la période ou le Judō fut importé en Europe .

En raison d’une prononciation nippone qui reste parfois difficilement déchiffrable, voire très aléatoire pour les occidentaux, il faut se rendre à l’évidence que dans le milieu du Judō, la correction d’une romanisation des termes japonais n’a jamais été réellement effectuée, d’où les dérives qui se sont avec le temps « institutionnalisées » et bien que ce sujet a déjà été largement traité par différents experts.

Malgré cela, on persiste stupidement à toujours utiliser le terme de « Ju Jitsu » ou pire encore « Jiu Jitsu ».

Petit rappel sémantique, selon le dictionnaire des Kanji :

Ju -柔- signifie : mou, souple, tendre ou doux suivant comment le Kanji est employé dans une phrase

Jutsu - 術 - signifie : technique, art ou moyen.

Ju Jutsu peut se traduire littéralement par « art doux », mais plus concrètement par « Technique souple ».

Une observation de taille :

Le Kanji pour Jutsu - 柔 - est très différent de ceux qui sont utilisés pour « Jitsu » - 真実 - et qui signifient : vérité !

Si l’on prononce « Ju Jitsu » ou pire encore « Jiu Jitsu », un terme qui d’’ailleurs n’existe pas, cela signifierait : Vérité douce ! Ce qui n’a aucun sens et qui est voire même ridicule.

On est donc dans ce cas très éloigné d’un terme qui définit cette méthode d’art du combat de préhension qu’est le Ju Jutsu.

Au Japon on prononce Ju Jutsu, ce qui en phonétique française nous donne « Jou Joutsou », puisque le « u » en Japonais se prononce « ou ».

C'est grâce à notre entrée dans la FIAMT,  que nous utilisons dorénavant le terme "Jutsu" et non plus "Jitsu" qui est comme vous venez de le lire très incorrect pour la pratique des arts martiaux.

De la technique à la maîtrise

La pratique du Goshindō ne consiste pas simplement à mémoriser un ensemble de techniques.

Chaque mouvement demande de comprendre le placement du corps, la distance, le déplacement, l'équilibre, le timing et le contrôle.

Au fil de l'apprentissage, le pratiquant découvre progressivement comment utiliser ces différents principes pour adapter sa réponse à la situation.

Une technique correctement exécutée n'est donc pas seulement un mouvement appris et reproduit. Elle doit devenir un geste maîtrisé, précis et contrôlé.

Apprendre, comprendre, maîtriser : cette progression accompagne le pratiquant tout au long de son parcours.

Les principes du Goshindō

La pratique du Goshindō ne se limite pas à l'apprentissage des techniques de défense. Elle vise également à développer les qualités physiques, mentales et humaines nécessaires à une pratique martiale équilibrée.

Le corps
Le pratiquant développe progressivement sa coordination, son équilibre, ses déplacements et la précision de ses gestes. La préparation physique accompagne également la pratique afin de permettre à chacun de progresser dans de bonnes conditions.

L'esprit
La concentration, la persévérance et la maîtrise de ses réactions occupent une place importante dans l'apprentissage. Le pratiquant apprend à rester attentif, à gérer ses appréhensions et à conserver son contrôle face à une situation de confrontation.

Le partenaire
Le travail avec un partenaire est indispensable. Il permet de comprendre concrètement la technique, mais aussi d'apprendre à contrôler son action et à respecter celui avec lequel on travaille.

La progression
Chacun avance à son rythme. L'objectif n'est pas seulement de réussir une technique, mais de mieux comprendre son corps, d'affiner ses gestes et de développer progressivement sa maîtrise.

Le Goshindō est ainsi une pratique qui fait travailler le corps autant que l'esprit, dans un cadre fondé sur le respect et la progression.

Ce que l'on travaille en Goshindō

La pratique du Goshindō permet d'aborder de nombreuses situations de défense à travers un travail progressif et adapté au niveau de chacun.

Les pratiquants étudient notamment les esquives, déplacements, frappes,  dégagements, contrôles, clés articulaires, immobilisations et projections.

Le travail comprend également des situations avec et contre différentes armes et objets, notamment le couteau, le bâton court et le kobutan. Ces exercices permettent d'étudier les principes de distance, d'esquive, de contrôle et d'adaptation face à une situation différente du travail à mains nues.

Le travail avec partenaire permet de mettre progressivement ces principes en application, tout en développant le placement, la distance, le déséquilibre et le contrôle du geste.

Les exercices sont adaptés à l'âge et au niveau des pratiquants. Ils permettent ainsi à chacun de progresser à son rythme, dans un cadre où la sécurité et le respect du partenaire restent essentiels.

Une pratique pour tous

Le Goshindō peut être pratiqué par les enfants, les adolescents et les adultes, chacun progressant en fonction de son âge, de ses capacités et de son expérience.

L'apprentissage est progressif et chacun avance à son propre rythme. Les exercices et les situations de travail sont adaptés afin de permettre à tous de découvrir et de pratiquer les principes du Goshindō dans de bonnes conditions.

La pratique régulière permet progressivement de développer la coordination, la confiance en soi, la concentration et la maîtrise du corps.

Au-delà de la technique, le Dojo est également un lieu de rencontre, de respect et de progression personnelle.

Il n'est pas nécessaire d'avoir pratiqué un art martial auparavant pour commencer le Goshindō. Le débutant est accompagné progressivement dans sa découverte de la discipline.

Le Goshindō au Bushidō Ryū

Depuis la création de l'association en septembre 2000, le Goshindō constitue le fil conducteur de notre pratique.

Au fil des années, l'enseignement s'est construit autour d'une volonté constante : transmettre les principes du Goshindō tout en permettant à chacun de progresser dans sa pratique et dans sa compréhension des arts martiaux.

Plus de vingt-cinq années de pratique et de transmission ont permis au Dojo de faire évoluer son enseignement, tout en conservant les valeurs qui accompagnent la pratique depuis ses débuts : respect, discipline, maîtrise de soi, persévérance et transmission.

Aujourd'hui, le Goshindō demeure le cœur historique du Bushidō Ryū.

Notre enseignement s'inscrit dans une conception traditionnelle du Budō : la progression technique s'accompagne d'une progression personnelle, dans le respect du partenaire et des valeurs du Dojo.

Apprendre. Progresser. Transmettre.

Comment se déroule un cours de Goshindō ?

Un cours de Goshindō commence par une mise en condition progressive, permettant de préparer le corps et l'esprit au travail.

La pratique se fait ensuite toujours à deux. Le travail avec un partenaire est au cœur de l'apprentissage : chacun apprend à réaliser les techniques, mais aussi à les recevoir, à contrôler ses mouvements et à s'adapter aux réactions de l'autre.

Les mouvements et les techniques sont étudiés progressivement afin d'en comprendre les principes, puis mis en application avec le partenaire. Le travail alterne ainsi étude technique, répétition, mise en situation et recherche de maîtrise.

En fin de cours, la pratique se poursuit généralement par des randoris, permettant de mettre en œuvre les principes étudiés dans un travail plus libre et dynamique.

Selon les séances, le cours peut ensuite se terminer par un retour au calme, quelques étirements ou un moment de méditation.

Le cours se termine par le salut, qui marque le début et la fin de la pratique.

Au Dojo, apprendre une technique signifie aussi apprendre à la contrôler.

La progression et les grades

La progression en Goshindō accompagne le pratiquant tout au long de son parcours au Dojo.

Les grades et les ceintures permettent de jalonner cette progression et de reconnaître les connaissances et les compétences acquises au fil de la pratique.

Chaque passage de grade constitue une étape, mais il ne représente pas une finalité. Il permet au pratiquant de mesurer le chemin parcouru et de découvrir de nouvelles exigences techniques.

Avec l'expérience, la recherche évolue : la précision du geste, le contrôle, l'adaptation et la compréhension des principes prennent progressivement davantage d'importance.

Au Bushidō Ryū, la ceinture témoigne d'un niveau de pratique ; elle ne définit pas le pratiquant.

La progression se poursuit ensuite au-delà des grades, par la recherche personnelle, l'approfondissement de la technique et la transmission.

Pratiquer le Goshindō au Bushidō Ryū

Le Goshindō est enseigné au Gymnase Mermoz à Rethel, dans un cadre adapté à la pratique des arts martiaux.

À partir de 5 ans, les cours accueillent enfants, adolescents et adultes, débutants comme pratiquants expérimentés.

Pour découvrir les horaires, les modalités d'inscription et les tarifs :

→ Voir nos cours et horaires
→ Voir nos tarifs et adhésion

« Le Budo commence et se termine par le salut. C’est par le respect que naît la voie. »