2024 - 2025 : Une période de doute et de remise en question

La saison 2023/2024 se termine avec 33 pratiquants au Dojo de Rethel. Pourtant, à la rentrée de septembre 2024, l'effectif tombe brutalement à 16 élèves.

Cette baisse importante ne résulte pas d'une difficulté liée à l'enseignement ou à la pratique du Goshindō, mais de désaccords personnels autour de certaines de mes prises de position et de discussions controversées que j'avais pu avoir.

Cette situation me touche particulièrement. Parmi les personnes qui quittent le Dojo se trouvent des pratiquants présents depuis 7 à 13 années, dont deux venaient tout juste d'obtenir leur ceinture noire. Au-delà de la perte d'effectif, c'est surtout la rupture de relations construites au fil de nombreuses années qui me blesse profondément.

Certaines personnes que je considérais comme des amis prennent leurs distances du jour au lendemain, sans véritable explication, et je n'aurai ensuite plus de nouvelles d'elles. Cette expérience est particulièrement difficile à accepter après toutes ces années consacrées à leur enseignement et à leur progression.

La saison devait normalement reprendre début septembre, mais les événements vont modifier ce calendrier. Une réunion organisée le 7 septembre 2024 autour de ces dissensions me fait prendre conscience de l'ampleur de la situation et du faible nombre de pratiquants susceptibles de revenir.

Je décide alors de ne pas rouvrir immédiatement le Dojo et de prendre le temps de réfléchir. Mais celles et ceux qui souhaitent continuer à apprendre me contactent, me montrant que l'aventure doit peut-être continuer malgré tout.

Parmi eux, David, ma première ceinture noire, vient même chez moi afin que nous puissions discuter de la situation. Il ne comprend pas davantage les raisons de ces désaccords et souhaite simplement que le Dojo puisse continuer.

Après cette période de réflexion, je décide finalement de rouvrir le Dojo à la fin du mois de septembre 2024, avec celles et ceux qui souhaitent poursuivre leur chemin au Bushidō Ryū.

Je vais pourtant jusqu'à me demander si je dois fermer le Dojo. À plusieurs reprises, notamment durant certains cours, le découragement est tel que j'ai envie de partir et de tout arrêter.

Je me souviens particulièrement d'un samedi matin où, pendant le cours, je me demandais ce que je faisais encore là. J'avais alors le sentiment que ce que je cherchais à transmettre n'était pas compris : pour moi, le Dojo n'est pas simplement un lieu où l'on vient pratiquer un sport ou fréquenter un « club ». J'enseigne une voie — le Dō — avec tout ce que cela implique en termes de travail, de respect, de progression et de comportement.

Ce jour-là, Isabelle, une pratiquante adulte débutante qui faisait partie de celles qui continuaient à me soutenir, remarque que je ne vais pas bien. Elle vient simplement vers moi, me sourit et me frotte les bras avec ses mains pour m'encourager. Ce geste très simple me fait énormément de bien à cet instant.

Malgré ce soutien, le sentiment que mes cours ne servent plus à rien reste présent pendant de longs mois. Je continue pourtant à enseigner grâce aux pratiquants qui sont restés et qui me témoignent leur confiance.

Peu à peu, au cours de la saison 2025/2026, le plaisir d'enseigner revient. La blessure et une certaine déception restent encore présentes, mais je retrouve progressivement le goût de transmettre, de faire progresser mes élèves et de continuer à faire vivre le Bushidō Ryū.

Cette période m'a finalement rappelé une chose essentielle : un Dojo ne repose pas uniquement sur son nombre de pratiquants. Il repose aussi sur ceux qui choisissent de rester, de progresser et de partager une même vision de la voie.

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