2010 — 2016 : Rethel et Bushidō Ryū
2010 — L'ouverture du Dojo de Rethel
L'idée d'ouvrir un Dojo à Rethel me trotte dans la tête depuis déjà deux ou trois ans. J'habite alors à seulement 15 kilomètres de la ville, ce qui rend ce projet particulièrement logique.
Mais à cette période, je suis déjà très occupé : je suis père de quatre jeunes enfants et je consacre également beaucoup de temps à la rénovation du corps de ferme que j'ai acheté en 2005. Je n'ai donc pas encore la disponibilité nécessaire pour me lancer dans ce nouveau projet.
Mon emménagement à Rethel en mai 2009 rend finalement ce projet plus concret. Dès septembre 2009, après la période difficile vécue à Attigny, je souhaite ouvrir un Dojo à Rethel. Malheureusement, aucun créneau n'est alors disponible dans les équipements de la ville.
L'occasion se présente finalement pour la rentrée septembre 2010, à la suite du départ du professeur de Viet Vo Dao. Un créneau devient disponible et permet enfin l'ouverture du Dojo de Rethel.
Les cours sont alors organisés le lundi soir, avec un cours destiné aux enfants et aux adolescents de 18 h à 19 h, puis un cours adultes de 20 h 15 à 22 h.
La première saison est particulière : aucun enfant ou adolescent ne s'inscrit directement à Rethel. Les jeunes pratiquants viennent du Dojo d'Attigny et profitent de ce nouveau cours comme d'un entraînement supplémentaire, leur permettant de progresser davantage.
Du côté des adultes, deux pratiquants s'inscrivent dès l'ouverture, puis deux autres rejoignent le groupe en avril.
Je peux également compter chaque lundi sur Vincent Mercier, qui avait largement contribué à relancer le Dojo d'Attigny après la crise de 2009. Il vient à Rethel pour m'aider pendant les cours et devient mon Uke, rôle qu'il conservera pendant près de cinq années.
Cette présence régulière dépasse largement le simple cadre de l'entraînement. Entre les deux cours, nous avons une heure de pause : Vincent vient alors chez moi prendre un café avant de reprendre le cours adultes. Une complicité et une fidélité qui accompagneront les premières années du Dojo de Rethel.
À cette époque, la ville de Rethel propose également, pendant les petites vacances scolaires, les « Passeports Loisirs », permettant aux enfants et aux adolescents de découvrir gratuitement différentes activités sportives. Je participe à cette action avec le Dojo, qui bénéficie également d'un soutien financier de la ville en fonction du nombre de participations.
Cette opération permet à de jeunes participants de découvrir le Goshindō et contribue aux premières inscriptions d'enfants et d'adolescents à Rethel à partir de septembre 2011.
Je tiens enfin à rendre hommage à Vincent Mercier, dont l'implication aura été précieuse durant ces premières années. Il poursuivra son aide jusqu'en 2015, avant de devoir arrêter pour des raisons professionnelles, alors qu'il était devenu ceinture marron.
Le Dojo de Rethel était alors encore petit, mais il avait trouvé ses premières bases : quelques pratiquants, beaucoup d'engagement et surtout la volonté de construire quelque chose dans la durée.
16 octobre 2010 — La naissance du Bushidō Ryū
L'ouverture du Dojo de Rethel en septembre 2010 m'amène à réfléchir à l'identité que je souhaite donner à l'ensemble de mon enseignement.
À cette époque, le Dojo d'Attigny porte le nom Attigny Bushido. Avec désormais deux lieux de pratique, je souhaite trouver une appellation qui puisse rassembler les deux Dojos sous une même identité, sans privilégier l'un par rapport à l'autre et sans faire apparaître le nom d'une ville.
C'est dans cette réflexion que naît le nom Bushidō Ryū, adopté le 16 octobre 2010.
Le choix est volontaire : « Bushidō » évoque la voie du guerrier et les valeurs traditionnellement associées à la pratique des arts martiaux, tandis que « Ryū » désigne une école ou un courant de transmission.
Bushidō Ryū devient ainsi le nom commun permettant de réunir les deux lieux de pratique, Attigny et Rethel, sous une même identité.
Ce choix représente davantage qu'une nouvelle appellation. Il traduit ma volonté de construire un seul Dojo, une même pratique et une même transmission, quel que soit le lieu où les cours sont dispensés.
Le nom Bushidō Ryū accompagnera dès lors le développement de l'enseignement et deviendra progressivement l'identité du Dojo tel qu'il existe aujourd'hui.
Le développement des deux Dojos
Après l'ouverture du Dojo de Rethel en septembre 2010, les deux lieux de pratique vont progressivement évoluer.
Le Dojo d'Attigny conserve ses pratiquants tandis que Rethel commence à attirer progressivement de nouveaux élèves, notamment grâce aux actions mises en place avec la ville.
Au fil des saisons, les effectifs évoluent, avec des périodes de progression mais aussi des années plus difficiles. Ces chiffres permettent de mesurer concrètement le développement de l'association et montrent surtout le travail nécessaire pour faire vivre deux lieux de pratique.
Derrière chaque chiffre se trouvent des pratiquants, des rencontres et des années d'enseignement.
Evolution des effectifs
| Saison | Dojo Attigny | Dojo Rethel | Total |
|---|---|---|---|
| 2010/11 | 20 | 4 | 24 |
| 2011/12 | 22 | 16 | 38 |
| 2012/13 | 22 | 30 | 52 |
| 2013/14 | 17 | 30 | 47 |
| 2014/15 | 22 | 35 | 57 |
| 2015/16 | 17 | 30 | 47 |
| 2016/17 | 11 | 31 | 42 |
| 2017/18 | 8 | 30 | 38 |
| 2018/19 | 12 | 31 | 43 |
| 2019/20 | 11 | 29 | 40 |
| 2020/21 | 5 | 34 | 39 |
| 2021/22 | Fermeture d'Attigny | 15 | 15 |
| 2022/23 | 27 | 27 | |
| 2023/24 | 33 | 33 | |
| 2024/25 | 16 | 16 | |
| 2025/26 | 16 | 16 |
Depuis l'ouverture du Dojo de Rethel en 2010, les deux lieux de pratique vont connaître des évolutions différentes. Attigny reste pendant plusieurs années un Dojo important, tandis que Rethel se développe progressivement.
Les effectifs atteignent leur niveau le plus élevé en 2014/2015, avec 57 pratiquants répartis entre les deux Dojos.
Au fil des années, Rethel devient progressivement le principal lieu de pratique. Le Dojo d'Attigny cessera finalement son activité en 2021, après plus de vingt années d'existence.
Ces chiffres racontent une partie de l'histoire du Bushidō Ryū, mais derrière chaque nombre se trouvent surtout des pratiquants, des rencontres, des progrès et des années de transmission.
Septembre 2014 — Le retour au terme Goshindō
Lorsque nous quittons la Fédération Française de Goshindō en 2004, Pascal Stoupy décide de modifier le nom de notre discipline et de remplacer Goshindō par Goshin-jitsu, notamment afin de nous différencier de l'ancienne fédération.
Étant alors son élève et son Uke, je le suis dans cette nouvelle appellation, même si, personnellement, ce nom ne m'a jamais réellement convaincu.
Cette période marque également une évolution plus personnelle dans mon parcours. À partir de 2009, mes contraintes professionnelles et familiales me permettent d'être moins présent auprès de mon professeur et de m'entraîner moins régulièrement avec lui. Une certaine distance s'installe progressivement et je commence alors à poursuivre seul mon chemin dans le Budo, en continuant mes recherches, ma pratique et ma réflexion personnelle.
Cette évolution avait en réalité commencé quelques années auparavant. En 2004, au moment de notre départ de la FFGD, le Bushido Club de Sedan se retrouve sans président. Personne ne souhaitant prendre cette responsabilité, Pascal Stoupy me demande d'accepter cette fonction afin d'éviter la fermeture du Dojo. J'accepte et reste président jusqu'en juin 2010.
Durant ces six années, je laisse Pascal Stoupy gérer le fonctionnement du Dojo sans intervenir dans ses décisions et je me contente essentiellement de participer aux réunions.
Notre relation de travail et de transmission reste pourtant encore très forte pendant plusieurs années. En 2007, Pascal Stoupy me demande notamment d'être son Uke pour son passage de 7e Dan, lors d'un stage organisé à Pressbaum, en Autriche, devant la fédération de Ju-Jutsu. J'accepte naturellement cette responsabilité, qui représente pour moi une marque de confiance importante après toutes ces années passées à ses côtés.
Mais à partir de 2007–2008, certaines décisions commencent à être influencées par les avis d'un pratiquant adulte du Dojo, sans que je sois consulté en tant que président. La situation devient progressivement difficile à vivre et je cesse finalement d'être l'Uke de Pascal en 2008.
Cette séparation est pour moi un moment un peu triste, car elle met fin à une relation de travail et de transmission qui avait commencé plusieurs années auparavant. Elle marque aussi progressivement le début d'une nouvelle étape dans mon parcours.
Je reste néanmoins président du Bushido Club de Sedan jusqu'en juin 2010, date à laquelle je décide finalement de démissionner. Cette décision marque pour moi le véritable début d'un chemin plus personnel sur la voie du Budo.
Je ne rejette pas ce qui m'a été transmis : au contraire, je poursuis mon apprentissage avec ce que j'ai reçu de mes différents enseignants, mais je commence désormais à construire ma propre réflexion sur la pratique et sur ce que je souhaite transmettre.
C'est dans cette continuité que je décide, en septembre 2014, de revenir au terme Goshindō, qui m'a toujours davantage correspondu.
Ce choix est aussi profondément lié à la présence du « Dō », la voie. Pour moi, le Budo ne se limite pas à ce qui se pratique sur les tatamis. La voie doit également trouver sa place dans la vie quotidienne, dans notre manière de nous comporter, de réfléchir, de progresser et de considérer les autres.
Le retour au terme Goshindō ne provoque aucune difficulté auprès des pratiquants. Il s'agit pour eux essentiellement d'un retour au nom que je considère comme le plus juste pour désigner notre discipline.
Nos anciens écussons portent cependant encore l'appellation « Goshin-jitsu », héritage de cette période. Aujourd'hui, avec le recul, je préfère employer le terme Goshindō, qui correspond davantage à ma conception de la discipline et à la voie que je souhaite transmettre.
Le nom Bushidō Ryū, lui, ne change pas. Adopté en 2010 pour réunir les deux lieux de pratique sous une même identité, il reste le nom du Dojo et représente toujours cette volonté de transmettre les arts martiaux traditionnels japonais dans un même esprit.
Goshindō n'est donc pas seulement le nom d'une discipline : c'est une voie que l'on cherche à faire vivre au-delà du Dojo, dans sa manière d'être et de vivre au quotidien.
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