2020 — 2023 : du Goshindō à l'Iaïdo

2020–2021 — Faire vivre le Dojo malgré le Covid

L'année 2020 marque une nouvelle étape dans l'histoire du Bushidō Ryū, mais elle est rapidement bouleversée par la crise sanitaire du Covid-19.

Comme de nombreuses associations sportives, le Dojo doit faire face à l'arrêt des entraînements en salle et aux différentes restrictions qui empêchent momentanément la pratique habituelle des arts martiaux.

Pour autant, je ne souhaite pas que cette période rompe le lien qui s'est créé au fil des années entre les pratiquants et le Dojo. Il faut donc trouver d'autres moyens de maintenir une activité et de conserver une dynamique de groupe, malgré l'impossibilité de pratiquer normalement.

Cette période va finalement donner naissance à une nouvelle manière de pratiquer. Le bokken, que j'utilisais déjà depuis longtemps dans ma propre pratique, va progressivement prendre une place particulière dans les entraînements.

Ce qui devait au départ permettre de maintenir une activité physique et un contact entre les pratiquants va finalement ouvrir une nouvelle porte dans mon parcours martial.

Le Covid aura donc été une période difficile pour le Dojo, mais il aura également été à l'origine d'une découverte qui allait profondément modifier la suite de mon chemin : l'Iaïdo.

2020–2021 — Maintenir le lien avec les pratiquants

Durant cette période où les entraînements en salle sont devenus impossibles, je tiens à maintenir le contact avec mes pratiquants. Pour moi, l'arrêt des cours ne doit pas signifier l'arrêt de la pratique ni la disparition du lien qui unit les membres du Dojo.

Il faut donc trouver des solutions permettant de continuer à pratiquer malgré les contraintes sanitaires. L'objectif n'est pas de reproduire à distance un cours traditionnel de Goshindō, mais de conserver une activité physique, une dynamique de groupe et surtout un lien entre les pratiquants.

Cette période nous oblige à sortir du cadre habituel du Dojo et à repenser temporairement notre manière de nous entraîner. C'est dans cet esprit que je propose notamment des activités pouvant être pratiquées en extérieur, dans le respect des possibilités offertes par les restrictions du moment.

Parmi ces activités, le travail du bokken va progressivement prendre une place particulière. Cet entraînement permet de conserver une dimension martiale tout en travaillant le déplacement, la coordination, la concentration et la condition physique.

Ce qui n'était au départ qu'une solution pour traverser une période exceptionnelle va finalement devenir une véritable expérience martiale. La pratique du bokken va susciter un réel intérêt chez plusieurs pratiquants et, pour moi, elle va progressivement faire ressurgir une envie ancienne autour du katana.

Le contexte particulier du Covid va ainsi créer les conditions d'une nouvelle découverte, qui conduira quelques mois plus tard à mon premier stage d'Iaïdo en août 2021.

2020–2021 — Cardio et bokken en extérieur

Durant la période où les entraînements en salle restent fortement limités, il faut trouver une autre manière de conserver une activité physique et martiale.

Nous nous retrouvons alors régulièrement le samedi matin aux Isles, lieu de promenade et de détente de Rethel, entouré d'arbres et offrant un environnement particulièrement intéressant pour varier les exercices.

Je profite de cet espace naturel pour imaginer de nouveaux exercices de cardio et de préparation physique, en utilisant ce que le lieu met à notre disposition : les arbres, les escaliers, mais aussi les poteaux du Tivoli, cet abri métallique qui accueille notamment la buvette lors des manifestations. L'environnement devient ainsi une véritable salle d'entraînement à ciel ouvert.

Les séances ne s'arrêtent d'ailleurs pas avec l'arrivée de l'hiver. Même pendant les périodes les plus froides, les pratiquants continuent de venir s'entraîner. Et je dois reconnaître que les pratiquantes se montrent alors particulièrement courageuses : les femmes sont souvent plus assidues que les hommes face au froid !

Le bokken, que j'avais déjà pratiqué auparavant et que j'appréciais particulièrement, trouve naturellement sa place dans ces entraînements. Il permet de continuer à travailler les déplacements, les postures, la coordination et les mouvements de coupe, tout en conservant une véritable dimension martiale.

Cette période nous oblige à sortir du cadre habituel du Dojo, mais elle nous permet aussi de découvrir une autre manière de pratiquer. Les arbres, les escaliers et les installations des Isles deviennent tour à tour des supports d'entraînement, tandis que le bokken apporte une dimension technique supplémentaire.

Progressivement, cette pratique réveille chez moi un intérêt ancien pour le katana et pour le travail autour du sabre japonais.

Avec le recul, cette période aura donc constitué une véritable transition : ce qui n'était au départ qu'une solution pour maintenir l'activité pendant le Covid va finalement ouvrir la porte vers une nouvelle discipline et une nouvelle étape de mon parcours martial : l'Iaïdo.

Août 2021 — La découverte de l’Iaïdo

C'est au cours de l'été 2021 que mon intérêt pour le travail du sabre japonais va prendre une nouvelle direction. Après plusieurs mois durant lesquels le bokken a occupé une place importante dans nos entraînements aux Isles, je participe en août 2021 à un stage d'Iaïdo organisé à Rethel.

Ce stage est animé par Adolphe Schneider, Sōke de la FIAMT, qui vient pour la première fois à Rethel depuis notre affiliation à la fédération en 2020. Cette rencontre est donc doublement importante : elle me permet de découvrir l'Iaïdo tout en étant notre première rencontre en personne depuis notre entrée à la FIAMT.

Je découvre alors une pratique très différente de celle que je connaissais jusque-là, dans laquelle la précision du geste, la maîtrise du corps, la concentration et la recherche du mouvement juste occupent une place essentielle.

L'Iaïdo m'attire immédiatement. Je retrouve dans cette discipline certains éléments qui me plaisaient déjà dans le travail du bokken, mais avec une approche beaucoup plus approfondie du sabre japonais, du déplacement, de la coupe et du contrôle du geste.

Cette première rencontre ne reste donc pas une expérience ponctuelle. Elle marque le début de ma pratique de l'Iaïdo, qui va progressivement trouver sa place aux côtés du Goshindō au sein du Bushidō Ryū.

À partir de ce stage, je décide de poursuivre sérieusement mon apprentissage de l'Iaïdo et de m'investir dans cette nouvelle voie avec la même exigence que celle que j'ai toujours appliquée à ma pratique du Goshindō.

2021 — La naissance de la section Iaïdo

Après le stage d’août 2021 avec Adolphe Schneider, mon intérêt pour l’Iaïdo se confirme rapidement. Je décide de poursuivre cet apprentissage et de lui donner une véritable place au sein du Bushidō Ryū.

L'Iaïdo devient ainsi une nouvelle discipline enseignée au Dojo, en complément du Goshindō. Cette ouverture correspond aussi à une évolution naturelle de mon parcours : après plus de vingt-cinq années consacrées au Goshindō, je retrouve dans l'Iaïdo une nouvelle possibilité de progresser, d'apprendre et de me remettre en question.

La section commence progressivement à se structurer. Je dois moi-même assimiler une discipline que je découvre, tout en étant capable de la transmettre aux pratiquants qui souhaitent m'accompagner dans cette nouvelle voie.

Cette situation me ramène finalement à une position que j'apprécie particulièrement : redevenir élève. Malgré mon expérience et mes grades en Goshindō, je dois accepter de reprendre les bases, d'observer, de répéter et de corriger mes propres défauts.

C'est aussi ce qui me plaît dans l'Iaïdo : il n'y a pas de raccourci. La progression passe par la précision, la répétition, la patience et la recherche permanente du geste juste.

La section Iaïdo trouve ainsi progressivement sa place au sein du Bushidō Ryū et devient une nouvelle composante de mon enseignement.

2021–2023 — L’apprentissage des 12 katas du Seitei Iaïdo

Après ma décision de pratiquer l'Iaïdo, Sōke Adolphe Schneider me transmet une vidéo présentant les 12 katas du Seitei Iaïdo, réalisés par Hanshi Nogoru Ogura.

Cette vidéo constitue une première base de travail, mais son ancienneté et son image en noir et blanc rendent parfois difficile l'observation précise des angles de coupe, des positions et des déplacements. Je complète donc mes recherches en consultant différentes vidéos disponibles sur Internet, notamment sur YouTube.

Ces supports ne suffisant pas toujours à répondre à mes questions, je poursuis mes recherches dans les documents et ressources écrites que je peux trouver. Je compare les informations, les techniques et les différents détails des katas afin de mieux comprendre ce que je pratique.

Ce travail prend progressivement une ampleur importante. Je finis par rédiger moi-même un book consacré à l'Iaïdo, regroupant les 12 katas du Seitei, avec leurs différentes étapes, les positions, les déplacements et notamment les angles de coupe.

Une fois le document terminé, j'en adresse un exemplaire à Hanshi Adolphe Schneider, qui le trouve particulièrement complet. Ce travail devient alors un véritable support de référence pour ma propre pratique et mon enseignement. Plusieurs exemplaires seront d'ailleurs proposés à la vente en 2023, lors de notre déplacement à Mirepoix pour le stage international de la FIAMT.

Parallèlement à ce travail théorique, je cherche à rendre ma pratique aussi concrète que possible. Je commence l'Iaïdo avec un bokken, mais après environ un mois, je passe au katana aiguisé.

Ce choix est volontaire : je souhaite ressentir ce que représente réellement la pratique avec une arme authentique, en prenant pleinement conscience de sa dangerosité et de la nécessité de maîtriser chacun de ses gestes. Cette approche renforce chez moi l'importance de la précision, du contrôle et de la concentration.

Je constate également rapidement que la pratique correcte du katana nécessite une tenue adaptée. La obi devient indispensable pour maintenir correctement le saya et permettre les mouvements sans être gêné. Le hakama s'impose également naturellement dans cette pratique. J'investis donc progressivement dans une tenue complète et adaptée à l'Iaïdo.

Cette période est ainsi celle d'un apprentissage particulièrement intense : je découvre les katas, je cherche à comprendre leur précision, je travaille avec le sabre et je construis progressivement mes propres outils de travail.

2021–2023 — Un apprentissage essentiellement en autonomie et deux rencontres avec Hanshi Schneider

Après le stage d'août 2021, qui constitue ma première pratique réelle de l'Iaïdo, je poursuis mon apprentissage de manière largement autonome.

Durant les années qui suivent, je ne bénéficie pas de la présence régulière d'un professeur d'Iaïdo. Je dois donc construire ma pratique par l'étude, l'observation, la répétition et la recherche personnelle, en m'appuyant notamment sur les vidéos, les documents et les recherches qui m'ont permis de rédiger mon book consacré aux douze katas du Seitei Iaïdo.

Cette situation demande une grande rigueur. Sans enseignant présent pour corriger immédiatement un mouvement, je dois constamment observer ma pratique et chercher à comprendre les détails techniques : angles des coupes, positions, déplacements, coordination et précision des gestes.

Je peux néanmoins bénéficier de corrections à distance : je filme régulièrement ma pratique et transmets des vidéos à Hanshi Adolphe Schneider, qui peut ainsi observer mon travail et me faire part de ses remarques et corrections. Ces échanges constituent un précieux lien pédagogique entre les stages et me permettent de rectifier progressivement certains défauts.

La première occasion de recevoir des corrections directement en présence de Sōke Schneider intervient lors du stage d'août 2021 à Rethel, au moment même où je découvre l'Iaïdo.

Il faudra ensuite attendre septembre 2023 pour bénéficier à nouveau de son enseignement direct. À cette occasion, Sōke Schneider revient à Rethel pour me remettre personnellement mon Menkyo Kyoshi et mon titre de Kodansha, et profite de sa venue pour organiser un mini-stage d'Iaïdo avec nous.

Ces deux rencontres sont donc particulièrement précieuses : elles permettent de confronter mon travail personnel aux corrections directes d'un enseignant de haut niveau, tandis que les échanges vidéo assurent une continuité pédagogique entre ces rencontres.

Entre ces deux moments, je poursuis donc une pratique essentiellement autonome, soutenue par mes recherches personnelles et les corrections vidéo de Sōke Schneider.

Cette expérience a renforcé une conviction que je retrouve dans tout mon parcours martial : l'autonomie dans la pratique ne signifie pas pratiquer sans regard extérieur, mais être capable de chercher, d'étudier et de progresser tout en sachant reconnaître la valeur d'une correction lorsque l'occasion se présente.

15 Juin 2023 — Menkyo Kyoshi et Kodansha

L'année 2023 marque une nouvelle étape importante dans mon parcours martial.

Le 15 juin 2023, j'obtiens deux reconnaissances majeures de mon parcours : mon Menkyo de Kyoshi ainsi que le titre de Kodansha, matérialisé par le port de la ceinture blanche et rouge.

Le terme Kodansha désigne un pratiquant arrivé à un niveau élevé de maîtrise et de transmission. Le Menkyo Kyoshi représente quant à lui une reconnaissance de mon niveau dans la transmission et l'enseignement des arts martiaux. Il vient compléter mon parcours de Renshi, obtenu en 2012 et reconnu par la FIAMT en 2020.

Ces reconnaissances prennent une dimension particulière lorsqu'on regarde le chemin parcouru. Le Kodansha intervient 14 années après mon 4e Dan obtenu en 2009, tandis que 11 années séparent mon Menkyo Renshi de mon Menkyo Kyoshi. Ces années n'ont pourtant jamais été une période d'attente : elles ont été consacrées à la pratique, à l'enseignement, à la formation de mes élèves, à la recherche et au développement du Bushidō Ryū.

En septembre 2023, Sōke Adolphe Schneider vient à Rethel et me remet personnellement ces deux reconnaissances. Sa venue est également l'occasion d'organiser un mini-stage d'Iaïdo. Après plusieurs années d'apprentissage principalement autonome, entre recherches personnelles et corrections par vidéos, cette rencontre me permet à nouveau de bénéficier directement de ses conseils.

Cette journée réunit ainsi plusieurs dimensions de mon parcours : la reconnaissance de mon expérience d'enseignant, la poursuite de mon apprentissage du Budo et la transmission de nouvelles connaissances aux pratiquants du Dojo.

Pour moi, ces délais ont également leur importance : dans les arts martiaux, l'expérience ne se mesure pas uniquement au nombre de grades obtenus, mais aussi aux années de pratique, de recherche et de transmission qui les accompagnent.

Recevoir ces reconnaissances après plusieurs décennies de pratique représente évidemment une grande satisfaction. Mais elles renforcent surtout une conviction qui accompagne mon parcours depuis mes débuts :

Dans les arts martiaux, un grade ou un titre n'est pas une fin. Il représente une responsabilité supplémentaire dans la transmission de ce que l'on a soi-même appris.

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