Lexique du Goshindō

Comprendre le vocabulaire pour mieux comprendre la pratique

Le Goshindō possède un vocabulaire japonais qui permet de désigner les différentes actions, techniques, projections, positions et principes étudiés au Dōjō.

Connaître ces termes permet au pratiquant de mieux comprendre les consignes données pendant les cours et de mettre des mots sur les différentes étapes de son apprentissage.

Ce lexique présente les principaux termes utilisés dans notre pratique du Goshindō au Bushidō Ryū, avec des explications simples et adaptées à notre enseignement.

La pratique et les pratiquants

Goshindō — 護身道

La Voie de la protection du corps.

Le Goshindō est une discipline de défense qui vise notamment à apprendre à réagir face à différentes formes d'agression.

La pratique développe également la connaissance du corps, la maîtrise de soi, la confiance, la coordination et la capacité d'adaptation.

Goshin — 護身

Protection du corps / défense personnelle.

Le terme Goshin désigne l'idée de se protéger ou de protéger son corps.

Dō — 道

La Voie.

Dans Goshindō, le suffixe rappelle que la discipline ne se limite pas à l'apprentissage de techniques de défense : elle peut également devenir un chemin de progression personnelle.

Sensei — 先生

L'enseignant.

Celui qui transmet son expérience, guide les pratiquants et les accompagne dans leur progression.

Uke — 受け

Celui qui reçoit la technique.

Dans le travail à deux, Uke est le partenaire qui réalise l'attaque ou reçoit l'action du pratiquant qui exécute la technique.

Tori — 取り

Celui qui réalise la technique.

Tori est le pratiquant qui met en œuvre la technique étudiée sur son partenaire.

Les actions fondamentales

Atemi — 当て身

Frappe portée sur une partie du corps.

Un Atemi peut être utilisé pour créer une réaction, perturber l'équilibre ou faciliter la réalisation d'une technique.

Uchi — 打ち

Frappe.

Terme général désignant une action de frappe.

Tsuki — 突き

Coup porté en ligne directe / estoc.

Le terme désigne une action de frappe ou de poussée réalisée vers l'avant.

GERI — 蹴り

Coup de pied.

Terme général désignant les différentes techniques de coups de pied.

Les principes techniques

Kuzushi — 崩し

Le déséquilibre.

Kuzushi consiste à amener le partenaire hors de son équilibre afin de faciliter l'action technique.

Il ne s'agit pas nécessairement de chercher à utiliser la force contre la force.

Tai-sabaki — 体捌き

Le déplacement et la gestion du corps.

Tai-sabaki désigne la manière de déplacer et d'orienter son corps pour éviter, accompagner ou contrôler l'action du partenaire.

Ma-ai — 間合い

La distance et le moment juste.

La distance entre les pratiquants, mais également le moment auquel une action est engagée.

Kake — 掛け

L'application de la technique.

Kake correspond au moment où la technique est véritablement appliquée après la préparation nécessaire.

Osae — 押さえ

Contrôle / immobilisation.

Action permettant de contrôler le partenaire et de limiter ses possibilités de mouvement.

Les chutes — UKEMI

Ukemi — 受け身

Les techniques de chute et de réception

Le terme Ukemi désigne l'ensemble des techniques permettant de recevoir une chute en limitant les risques de blessure.

Dans le Goshindō, apprendre à chuter est aussi important que savoir réaliser une technique. Une projection ou une perte d'équilibre peut survenir lors de la pratique, mais également dans la vie quotidienne.

L'objectif de l'Ukemi est d'apprendre au corps à accompagner la chute plutôt qu'à la subir.

La qualité d'une chute repose notamment sur la manière dont le pratiquant utilise son corps, son placement, sa mobilité et sa capacité à absorber l'impact.

Savoir chuter, c'est déjà savoir se protéger.

Mae-ukemi — 前受け身

Chute avant

Technique permettant de recevoir une chute vers l'avant en utilisant notamment les avant-bras et les mains de manière adaptée afin de limiter l'impact.

Elle demande de ne pas chercher à bloquer brutalement la chute avec les bras, mais à accompagner le mouvement du corps.

Ushiro-ukemi — 後ろ受け身

Chute arrière

Technique permettant de recevoir une chute vers l'arrière.

Le pratiquant apprend notamment à protéger sa tête, à arrondir son dos et à répartir l'impact sur une surface suffisamment large du corps.

C'est une chute fondamentale, notamment lorsqu'une projection ou une perte d'équilibre entraîne le pratiquant vers l'arrière.

Yoko-ukemi — 横受け身

Chute latérale

Technique permettant de recevoir une chute sur le côté.

Le corps accompagne la descente et le pratiquant utilise notamment son bras pour absorber et répartir l'impact, tout en protégeant les zones sensibles.

Zempō-kaiten-ukemi — 前方回転受け身

Chute roulée avant

Technique permettant de transformer une chute vers l'avant en roulement, afin de répartir progressivement l'énergie du mouvement.

Elle permet notamment d'éviter une réception brutale et de conserver la capacité de se relever rapidement.

Au Bushidō Ryū

Nous considérons les Ukemi comme une base indispensable de la pratique.

Avant de chercher à projeter ou à contrôler un partenaire, il faut apprendre à lui permettre de chuter correctement.

Les chutes sont donc travaillées régulièrement et progressivement, en fonction de l'âge et du niveau des pratiquants.

Elles permettent également de développer la confiance en son propre corps : savoir comment réagir lorsque l'équilibre est perdu permet de moins appréhender la chute et de mieux conserver ses capacités de réaction.

Dans une discipline de défense, cette compétence dépasse d'ailleurs largement le cadre du Dōjō.

Glisser, trébucher, être bousculé ou perdre soudainement l'équilibre sont des situations auxquelles le corps peut être confronté.

Apprendre à chuter, c'est donc apprendre à protéger son corps lorsqu'on ne contrôle plus complètement la situation.

On apprend d'abord à tomber pour pouvoir ensuite apprendre à se relever.

Les saisies et les contrôles

Dans le Goshindō, le travail ne se limite pas aux frappes ou aux projections. Une grande partie de l'étude porte sur la manière de réagir lorsqu'un adversaire saisit, agrippe ou tente de contrôler le pratiquant.

La saisie peut concerner le poignet, le bras, les vêtements ou différentes parties du corps. Le pratiquant apprend alors à utiliser son placement, ses déplacements et différentes techniques pour se dégager, contrôler ou amener l'adversaire dans une situation permettant de se protéger.

Kumi — 組み

Saisie / prise

Le terme kumi est utilisé dans différentes expressions martiales pour désigner l'idée de saisir, agripper ou prendre.

Dans notre lexique, il peut servir à introduire les différentes formes de saisies étudiées en Goshindō.

Katate-dori — 片手取り

Saisie d'un poignet à une main

Saisie effectuée avec une main sur le poignet du partenaire.

Morote-dori — 両手取り

Saisie à deux mains

Une main ou les deux mains viennent contrôler le même bras ou poignet selon la forme étudiée.

Ryōte-dori — 両手取り

Saisie des deux poignets

Les deux poignets du partenaire sont saisis.

Mune-dori — 胸取り

Saisie au niveau de la poitrine

Saisie du vêtement au niveau de la poitrine, généralement au niveau du revers.

Ushiro-dori — 後ろ取り

Saisie par l'arrière

Saisie effectuée depuis l'arrière du pratiquant.

Les contrôles

Osae — 押さえ

Contrôle / immobilisation

Action permettant de contrôler le partenaire et de limiter ses possibilités de mouvement.

Le contrôle ne repose pas uniquement sur la force. Le placement du corps, l'équilibre, les appuis et l'utilisation du mouvement du partenaire sont essentiels.

Kansetsu-waza — 関節技

Techniques articulaires

Ensemble des techniques qui utilisent une articulation afin de contrôler le partenaire.

Elles demandent une grande maîtrise et doivent être pratiquées avec contrôle et respect du partenaire.

Katame-waza — 固め技

Techniques de contrôle / immobilisation

Ensemble des techniques permettant de maintenir ou contrôler le partenaire.


Au Bushidō Ryū

Le travail des saisies et des contrôles nous apprend notamment qu'une situation de défense n'est pas toujours une situation où l'on frappe.

Lorsqu'un adversaire saisit, pousse ou tente de contrôler, le pratiquant doit avant tout retrouver sa liberté de mouvement et créer les conditions permettant de se protéger.

C'est pourquoi nous travaillons la capacité à se dégager, déséquilibrer, contrôler et, lorsque cela est nécessaire, immobiliser.

L'objectif n'est pas de rechercher la confrontation, mais de disposer de réponses adaptées à différentes situations.

Se défendre, c'est d'abord retrouver sa liberté d'action.

Les projections — NAGE-WAZA

Nage-waza — 投げ技

Les techniques de projection

Nage-waza désigne l'ensemble des techniques qui permettent de projeter un partenaire ou un adversaire au sol.

Une projection ne consiste pas simplement à « faire tomber » quelqu'un. Elle repose généralement sur plusieurs éléments : le déplacement, le déséquilibre, le placement du corps et l'utilisation du mouvement du partenaire.

Une bonne projection ne repose pas uniquement sur la force : elle repose sur le placement et le timing.

Kuzushi — 崩し

Le déséquilibre

Le Kuzushi consiste à amener le partenaire hors de son équilibre afin de rendre la projection possible.

Le déséquilibre peut être obtenu par un déplacement, une action sur le partenaire ou en utilisant son propre mouvement.

C'est une notion fondamentale : avant de projeter, il faut créer les conditions qui permettent de projeter.

Tsukuri — 作り

La préparation et le placement

Tsukuri désigne la phase pendant laquelle le pratiquant se place correctement pour réaliser la technique.

Après avoir créé le déséquilibre, il doit positionner son corps, ses appuis et ses mains de manière à pouvoir poursuivre l'action.

Kake — 掛け

L'exécution de la projection

Kake correspond à l'application proprement dite de la technique.

Les trois notions Kuzushi – Tsukuri – Kake sont traditionnellement associées dans l'étude des projections :

Kuzushi → créer le déséquilibre
Tsukuri → se placer
Kake → réaliser la projection

Créez votre propre site internet avec Webador